Le Clan d'Helvie
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 HAVAMAL

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kvist

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MessageSujet: HAVAMAL    HAVAMAL  EmptyLun 28 Déc - 13:17

HAVAMAL Les Dits du Très-Haut (Traduction de Régis Boyer) 

1. Avant de pénétrer Que l'on surveille à la ronde, Que l'on examine Toutes les entrées Car on ne sait jamais Où les ennemis Siègent sur les bancs de la salle
 2. A ceux qui donnent, salut ! Un hôte est entré Où doit-il s'asseoir, celui-là? Bien empressé Celui qui, auprès du feu, Veut éprouver son renom. 
3. De feu a besoin Celui qui est entré, Gelé jusqu'aux genoux; De nourriture et de vêtement A besoin l'homme Qui a voyagé par les montagnes.
 4. D'eau a besoin Celui qui vient au festin, De linge pour se sécher et de cordiale bienvenue, D'affabilité, S'il peut en disposer Et qu'on se taise quand il parle.
 5. A besoin de sagacité Celui qui voyage au loin; Chez soi, tout est facile. Il sera tourné en dérision Le bon à rien Qui parmi les sages s'assoit. 
6. De sa sagesse On ne devrait pas se vanter,
Mais être sur ses gardes : Quand on est sage et taciturne, On revient chez soi, Rarement malheur advient au sage Car on ne trouve jamais Ami plus constant Qu'une grande intelligence. 
7. Que l'hôte prenne encore garde Qui vient au festin. Ouïe fine et silencieux, Ses oreilles écoutent et ses yeux examinent, C'est ainsi que tout sage s'enquiert. 
8. Heureux celui-là Qui s'acquiert Louanges et bonne réputation. Plus suspect est De tirer son inspiration Du sein d'autrui.
 9. Celui-là est heureux Qui pour soi-même obtient Louange et estime, tant qu'il vit Car mauvais conseils On a souvent reçus Du sein d'autrui. 
10. Il n'est meilleur fardeau A porter sur sa route Que n'est grande sagacité; Cela passe richesse En lieu où l'on n'est pas connu, C'est le refuge du pauvre.
 11. Il n'est fardeau meilleur A porter sur sa route Que n'est grande sagacité; Mais il n'est pire viatique A transporter par la plaine Qu'un trop grand appétit de bière.
12. N'est pas aussi bonne Que bonne on la dit La bière, pour les fils des hommes;
Car plus il boit Moins l'homme garde Le contrôle de ses esprit.
 13. Héron de l'oubli s'appelle L'oiseau qui plane au-dessus des banquets: Il dérobe bon sens aux hommes; C'est sans les plumes de cet oiseau Que je fus capturé Dans l'enclos de Gunnlöd. 
14. Ivre de bière je fus J'avais trop pris de bière Chez le sage Fjalar; Car beuverie est d'autant meilleure Que chacun retrouve Ses esprits par la suite. 
15. Silencieux et pensif Faudrait que fût le fils du chef, Et hardi au combat; Joyeux et content Faudrait que chacun fût Jusqu'à ce que mort vienne. 
16. L'inavisé Croit qu'il vivra toujours S'il se garde de combattre, Mais vieillesse ne lui Laisse aucun répit, Les lances lui en eussent-elles donné. 
17. L'imbécile regarde bouche bée Qui vient en visite, Le voilà qui marmonne ou reste taciturne; Que tout soudain, Il obtient une lampée : Envolé le bon sens!
 18. Celui-là sait Qui voyage au loin Et a parcouru maints pays. Quelle trempe A quiconque Possède savoir et sagesse!
19. Qu'on ne se cramponne pas à la corne à boire Qu'en outre on boive modérément' hydromel, Qu'on parle si c'est besoin, sinon qu'on se taise; De manquer de bon sens Nul ne te reprochera Quand tu irais tôt te coucher. 
20. Le goinfre A moins qu'il ne veille à son bon sens, Mange à se rendre malade pour la vie; Souvent par sa panse, L'idiot provoque le rire Quand il vient parmi les sages.
 21. Les troupeaux savent Quand ils doivent rentrer Et ils quittent alors le pâturage; Mais l'insensé Jamais ne connaît La capacité de sa panse. 
22. Le misérable Et malintentionné Rit à n'importe quoi; Mais ce qu'il ne sait pas Et qu'il devrait savoir, C'est qu'il n'est pas sans défaut.
 23. Le sot Veille toutes les nuits, Réfléchissant à tout à rien; Aussi est-il épuisé Quand vient le matin: Toute peine est restée ce qu'elle était.
 24. L'inavisé Pense que tout ceux Qui rient avec lui sont ses amis; Mais ce qu'il ne découvre pas C'est qu'on parle guère en sa faveur, S'il est assis parmi les sages. 
25. L'inavisé Pense que tout ceux qui rient avec lui sont ses amis: Alors découvre
Quand vient au thing Qu'il y en a peu qui parlent pour lui.
 26. Le sot Qui va parmi les hommes, Le mieux est qu'il se taise; Nul ne sait Qu'il n'est capable de rien A moins qu'il ne parle trop; On ne sait pas Qu'il ne sait rien S'il s'abstient de trop parler.
 27. Celui-là seul se tient pour sage Qui peut tout mêmement Faire questions et réponses; Les fils des hommes ne peuvent Jamais cacher Ce qui se passe parmi les gens.
 29. Stupidités en suffisance Dit celui-là Qui jamais ne se tait; Une langue volubile Si elle n'a pas de bride Souvent se porte préjudice. 
30. Pour objet de dérision Ne faut que nul ne prenne autrui Quand il arrive au banquet; Maint alors s'estime sage S'il n'est pas questionné Et peut garder la peau sèche.
 31. Sage s'estime Celui qui prend la fuite, Hôte friand de se moquer de son hôte; Il ne sait pas bien Celui qui ricane au repas Si ce n'est pas avec des coquins qu'il caquète. 
32. Bien des hommes Sont mutuellement affables, Mais au repas ils se querellent; Discorde entre les hommes, Cela sera toujours:
L'hôte se chamaille avec l'hôte.
33. Repas de bon matin Faudrait faire souvent, A moins qu'on aille au banquet; Alors on s'assoit et on agite les mâchoires, On fait celui qui a faim Et on sait ne parler guère.
 34. Grand détour Mène chez l'ennemi Quand bien même il habite sur la grande route; Mais pour aller chez l'ami cher, Les routes sont directes Même s'il est parti au loin. 
35. Il faut partir. Il ne faut pas que l'invité Séjourne éternellement en même lieu; D'agréable, on devient odieux Si l'on reste longtemps Sur le banc d'autrui.
 36. Un chez-soi est meilleur Même s'il est petit : Chez soi chacun est maître Quand bien même on aurait deux chèvres Et une hutte au toit de chaume C'est toujours mieux que la mendicité.
 37. Un chez-soi est meilleur Même s'il est petit : Chez soi chacun est maître; Saignant est le coeur De qui doit mendier Sa nourriture de chaque repas. 
38. De ses armes, sur la plaine, Point ne faut D'un pas s'éloigner, Car on ne sait jamais Quand, sur le grand chemin, On aura besoin de sa lance. 
39. Point n'ai trouvé homme si généreux Ou sur la nourriture si libéral
Qu'il ait refusé ce qu'on lui donnait, Ou de son bien Si peu pingre Qu'il ait trouvé haïssable le dédommagement.
 40. De son argent Et de ce qu'on a reçu, On ne devrait pas se refuser de jouir : Souvent on épargne pour le détestable Ce qu'au délicieux on destinait; Mainte chose va pis que prévu.
41. D'armes et d'étoffes Doivent amis se réjouir, C'est qu'on voit le mieux sur soi-même; Large donnants et bien redondants Sont amis le plus longtemps Si le temps leur en est laissé. 
42. De son ami On doit être l'ami Et rendre don pour don; Entre les hommes, Rire pour rire; Mais fausseté pour fourbe. 
43. De son ami On doit être l'ami De lui et de ses amis; Mais de son ennemi Nul ne devrait Être l'ami de l'ami
 44. Vois-tu, su tu as un ami En qui tu aies bien confiance Et veux qu'il te fasse du bien, Tu dois avec lui mêler ton âme Et échanger des cadeaux, Aller le trouver souvent.
 45. Si tu en as un autre En qui tu n'as pas confiance Et veux pourtant qu'il te fasse du bien, Tu dois lui dire de belles paroles, Mais tiens-le pour faux Et rends-lui fausseté pour fourbe.
46. Ceci encore pour celui En qui tu n'as pas confiance Et dont tu suspectes l'humeur : Tu dois rire avec lui Et travestir ta pensée Tel don, telles récompense.
 47. Jeune, je fus jadis. Je cheminai solitaire; Alors, je perdis ma route; Riche je me sentis Quand je rencontrai autrui : L'homme est la joie de l'homme. 
48. Homme généreux, audacieux Sont ceux qui vivent le mieux Rarement le chagrin les accable; Mais le poltron Craint n'importe quoi; Rechigne assez le chiche sur les dons. 
49. Mes frusques Je donnai sur la plaine A deux hommes de bois Virils ils se trouvèrent Vêtus de ces habits. Honteux est l'homme nu.
 50. Dépérit le jeune pin Qui se dresse en lieu sans abri: Ne l'abritent écorce ni aiguilles; Ainsi l'homme Que n'aime personne : Pourquoi vivrait-il longtemps?
 51. Plus chaude que le feu Brûle entre mauvais amis La paix, pendant cinq jours; Mais alors elle s'éteint Quand le sixième survient Et l'amitié est au plus mal.
 52. Grands cadeaux uniquement Ne faut pas faire aux gens Souvent petits présents attirent louange;
Avec un demi-pain Et une coupe presque vide Je me suis fait un camarade. 
53. A petite mer, petits rivages, Petits sont les esprits des hommes; Car tous hommes Ne sont pas sages également; Tout âge n'est qu'a demi accompli.
 54. Modérément sage Devrait être chacun Jamais trop sage; A ceux-là La vie est la plus belle Qui bien des choses savent. 
55. Modérément sage Devrait être chacun, Jamais trop sage; Car l'esprit du sage Rarement est joyeux Si la sagesse est suprême. 
56. Modérément sage Devrait être chacun Jamais trop sage; Celui qui ne sait pas d'avance Son destin A le coeur le plus libre de soin. 
57. Brandon, de brandon Brûle, jusqu'à consomption Flamme s'allume à flamme; L'homme, de l'homme Sera par paroles connu, Mais le sot se fait connaître à sa sottise.
 58. Doit se lever matin Celui qui d'autrui veut Ravir les biens ou la vie; Rarement loup gisant Ne trouve gigot, Ni homme dormant, la victoire.
59. Doit se lever le matin Celui qui a peu de main-d'oeuvre Et veut vaquer à ses affaires; Sur bien des choses retarde Celui qui dort le matin. Résolution est route vers richesse.
 60. Sèches billes de bois Et écorces à chaume, De cela, l'homme sait la juste mesure Ainsi que du bois Qui pourra suffire Pour année ou saison. 
61. Lavé et restauré, Que l'homme aille au thing Même s'il n'est pas bien habillé: De ses chausses et de ses braies Que nul n'ait honte, Et de son cheval non plus Même s'il n'en a pas de bon.
 62. Il laisse pendre le col, humilié, Quand il arrive à la mer, L'aigle, à l'antique mer; Ainsi l'homme Qui vient parmi la foule Et a peu d'intercesseurs. 
63. Doit questionner et répondre A chaque sage Celui qui veut être appelé avisé; Qu'un seul soit au courant! Mais qu'il y en ait pas un second. S'ils son trois, tout le monde le sait.
 64. De sa puissance Il faudrait que tout sage Use avec modération : Alors il découvre Quand il vient parmi les braves Que nul ne peut à lui seul de tous triompher. 
65.....strophe incomplète..... Des paroles Que l'on dit aux autres,
souvent ont reçoit paiement. 
66. Trop tôt J'arrivai en maint lieu, Mais trop tard en quelques-uns; La bière était bue, Ou bien elle n'était pas brassée, Le fâcheux trouve rarement la jointure. 
67. Ici et là, On m'aurait invité Si je n'avais pas eu besoin de manger Ou si, chez l'ami fidèle, Deux jambons avaient pendu A la place de celui que j'avais mangé. 
68. C'est le feu qui est le meilleur Pour les fils des hommes Ainsi que le spectacle du soleil, La santé Si on peut la garder, Et de vivre sans opprobre.
 69. L'on n'est pas malheureux tout à fait Même si l'on est en mauvaise santé : D'aucun sont heureux par leurs fils. D'aucun par leurs parents, D'aucun par biens en suffisance, D'aucun par bonnes actions. 
70. Mieux vaut être en vie Que d'être sans vie, Au vivant, la vache. Je vis le feu flamboyer Chez le riche, Mais il gisait, dehors, mort, devant la porte. 
71. Un boiteux monte à cheval, Un manchot garde les troupeaux, Un sourd fait assaut d'armes et rend service, Mieux vaut être aveugle Que brûlé Un mort n'est utile à personne. 
72. Mieux vaut avoir un fils Même s'il naît trop tard,
Après la mort de son père; Rarement pierre commémorative Ne se dresse au bord du chemin Si le parent ne l'érige au parent. 
73. Deux hommes, l'un peut tuer l'autre, Ta langue peut te coûter la tête, Sous chaque manteau Je soupçonne une main sur la garde d'une épée. 
74. Se réjouit de la nuit, Qui a viatique solide, Étroites sont les places dans un bateau; Changeante est la nuit d'automne; Le temps varie souvent En cinq jours, Davantage encore en un mois. 
75. Pont ne sait Celui qui rien ne sait Que prospérité en égare beaucoup; Un homme est riche, Un autre ne l'est pas, Qu'on n'ajoute pas à son malheur.
 76. Meurent les biens, Meurent les parents, Et toi, tu mourras de même; Mais la réputation Ne meurt jamais, Celle que bonne l'on s'est acquise. 
77. Meurent les biens, Meurent les parents Et toi, tu mourras de même; Mais je sais une chose Qui jamais ne meurt : Le jugement porté sur chaque mort.
 78. Parcs à moutons remplis Je vis chez les fils de Fitjung Maintenant ils portent le bâton de mendiant; Ainsi de la richesse Comme d'un clin d'oeil : C'est la plus instable des amies.
79. Le sot S'il vient à s'attribuer Fortune ou faveur de femme, Son orgueil s'accroit en lui Mais sa sagacité, jamais; Il progresse copieusement dans sa propre vanité.
 80. Preuve est faite : Quand tu interroges sur les runes Venues des Dieux, Celles que firent les Dieux suprêmes Et que colora le grand maître du monde Le plus sûr est de se taire.
81. C'est le soir qu'il faut louer le jour La femme, quand elle est brûlée L'épée, quand on l'a éprouvée, La vierge, quand elle est mariée, La glace, quand on la traversée, La bière, quand elle est bue. 
82. C'est dans le vent qu'il faut abattre l'arbre Par bonne brise qu'il faut ramer en mer, Dans l'obscurité qu'il faut bavarder avec la vierge : Nombreux sont les yeux du jour; Un bateau est fait pour cingler, Une targe, pour protéger, Une épée, pour les coups, Et une vierge, pour les baisers.
 83. Près du feu, il faut boire la bière, Et sur la glace, glisser, Acheter la jument maigre, L'épée, rouillée, Engraisser le cheval à la maison Et le chien à la niche.
 84. Parole de fille Nul ne devrait croire Ni ce que dit femme mariée Car sur une roue tourbillonnante Le coeur a été façonné, Inconstance a été placée dans leur sein.
 85. Arc fragile, Flamme flambant,
Loup béant, Corbeau croassant, Porc grognant, Arbre sans racines, Vague montante, Bouilloire bouillante, 
86. Trait volant, Vague retombante, Glace d'une nuit, Serpent lové, Verbiage de mariée au lit, Ou épée brisée, Jeu d'ours, Ou fils de roi,
 87. Veau malade, Esclave volontaire, Belles paroles de sorcière, Cadavre récemment tombé, 
88. Champ tôt ensemencé : Que nul homme ne leur fasse confiance, Non lus que trop tôt à son fils. - Le temps décide du champ, Et l'esprit, du fils; Chacun d'eux est dangereux.
 89. Le meurtrier de son frère, Si on le rencontre sur la route, La maison mal brûlée, Le cheval véloce - Un étalon est inutile S'il se casse une patte - , Qu'on ne soit pas assuré Au point de leur faire confiance à tous.
 90. Avoir la paix avec une femme Dont fausseté hante le coeur, C'est comme mener sur la glace glissante Un étalon non ferré, Sauvage, de deux hivers Et mal dressé, Ou comme croiser dans la tempête Sur un bateau sans barre, Ou comme, pour un boiteux, poursuivre
Une renne sur les pentes, au dégel. 
91. Ouvertement à présent je parle - Car je sais l'un et l'autre - L'humeur de l'homme est changeante envers la femme : Nous faisons les plus beaux discours Quand nos pensées sont les plus trompeuses. C'est là leurrer le sens des sages.
 92. Doit bellement parler Et offrir de l'argent Qui veut obtenir faveur de femme, Vanter le corps De la jeune fille : Qui aime est aimé en retour. 
93. Blâmer l'amour D'autrui, Nul ne le devrait jamais : Souvent s'émeut le sage Là où l'idiot demeure indifférent Aux couleurs désirables d'un joli visage.
 94. En rien ne faut blâmer Autrui De ce qui à beaucoup arrive. Sage devient sot : Voilà ce que fait aux fils des hommes L'ardent désir. 
95. L'esprit seul sait Ce qui gît près du coeur, Il est seul avec son amour : Il n'est pire peine Pour tout homme sage Que de n'être pas satisfait de soi.
 96. J'ai éprouvé cela Quand j'étais dans les roseaux Attendant le délice de mon coeur; Chair et coeur M'était la sage vierge, Quoique je ne l'eusse pas encore. 
97. La vierge de Billingr Je trouvais sur le lit;
Claire comme soleil, dormant: Délices de Jarl, Il me sembla qu'il n'en existait pas Auprès de vivre avec ce corps. 98. Mais vers le soir, Tu viendras, Odin Si tu veux réclamer cette femme; Bien mauvais sort Si ne sommes d'accord Sur ce que nous faisons. 
99. Je renonçai - Il semblait qu'elle m'aimât - A mon dur désir Car je croyais Que j'aurais d'elle Tout plaisir et liesse. 
100. Là-dessus, je revins, Mais les intrépides Guerriers étaient tous éveillés, Avec torche enflammées Et flambeaux hissés, Ainsi étais-je en périlleuse passe. 
101. Mais vers le petit matin, Quand je revins encore, Les gens de la maison étaient endormis; Je ne trouvai qu'une chienne Appartenant à l'excellente femme, AU lit attaché. 
102. Mainte excellente vierge -Si l'on y regarde de près- Et traîtresse envers les hommes. C'est ce que j'éprouvai Quand j'essayai d'attirer La rusée aux jeux d'amour. De toute dérision Me couvrit l'adroite femme, Et d'elle, je n'obtins rien. 
103. Chez soi, qu'on soit content Et joyeux envers l'hôte, Il faut être sage pour soi-même,
Avoir bonne mémoire, être communicatif, Si l'on veut être savant en maintes choses. Il faut souvent parler de bonnes choses : Idiot énorme s'appelle Celui qui ne sait guère parler : C'est le propre des sots.
 104. Au vieux géant je rendis visite : A présent, me voici revenu; Là, je ne pus guère garder le silence, Maints discours Je fis en ma faveur Dans la salle de Suttung. 
105. Gunnlöd me donna à boire, Assise sur un siège d'or, Un trait du précieux hydromel; Sordide récompense Je lui laissai Pour son coeur sincère, Pour sa profonde affection. 
106. Par la bouche de Rati Je me fis frayer un passage Et ronger le rocher; Par-dessus et par-dessous Passaient les routes des géants Ainsi risquai-je ma tête.
 107. De la belle bien acquise J'ai bien joui Peu de choses manquent au sage, Car Odrerir Est maintenant remonté Jusqu'à la demeure des dieux. 
108. Je doute Que j'eusse pu sortir De l'enclos des géants Si je n'avais joui de l'amour de Gunnlöd, L'excellente femme Dans les bras de qui j'ai couché.
 109. Le lendemain des noces Les Thurses du givre allèrent Consulter le Très-Haut;
De Bölverk ils s'enquirent, Savoir s'il était revenu parmi les dieux Ou si Suttung l'avait immolé 
110. Je crois bien qu'Odin Avait prêté serment sur l'anneau sacré, Qui peut à sa foi se fier? Au partir du banquet Il a laissé Suttung frustré Et Gunnlöd en larmes.
 111. Il est temps d'incanter Sur le siège du thulr Au bord du puits d'Urd Je vis et je me tus, Je vis et je méditai, J'écoutai les propos des hommes; Des runes, j'entendis traiter, Point n'en celèrent les pouvoirs A la halle du Très-Haut, Dans la halle du Très-Haut J'entendis ainsi parler :
 112. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. - Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. De nuit, ne te lève pas, A moins que tu ne sois en quête Ou que tu cherches les cabinets. 
113. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. Entre les bras d'une magicienne Il ne faut pas que tu dormes, En sorte qu'elle puisse rendre roides tes jointures. 
114. Elle fait si bien Que tu ne te soucies plus De thing ni de propos de roi; De nourriture, tu ne veux plus Ni de gaieté de personne, Tu va plein de chagrin dormir.
115. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. La femme d'un autre, Ne séduis jamais Pour en faire ta maîtresse. 
116. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. Si l'envie te prend d'aller Dans la montagne ou par le fjord, Fais un bon repas.
 117. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. A un méchant Ne laisse jamais Connaître tes ennuis, Car d'un méchant Tu ne recevras jamais Paiement de ta bonne intention. 
118. J'ai vu des paroles De méchante femme Mordre cruellement un homme : Une langue menteuse Lui coûta la vie Encore qu'il ne fît point coupable. 
119. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. Vois-tu, si tu as un ami En qui tu aies bien confiance, Va le trouver souvent Car les taillis croissent Ainsi que l'herbe haute Sur le chemin que nul ne foule 
120. Nous te conseillons, Loddfafnir,
Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. Un excellent homme, Attache-le-toi par des propos joyeux Et apprends la clémence, tant que tu vis.
121. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. Avec ton ami Ne soit jamais Le premier à rompre; Le chagrin dévore le coeur Si tu n'as personne A qui ouvrir ton âme. 
122. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. Te disputer Jamais ne faut Avec un singe malavisé
 123. Car d'un méchant homme Jamais tu n'obtiendras Récompense pour tes bonnes actions, Mais un excellent homme Put bien te rendre Populaire et prisé par autrui. 
124. Fraternité d'arme il y a Quand on dit A un seul tout ce que l'on pense; Tout est mieux Que d'être de coeur malhonnête; Qui approuve toujours, ce n'est pas un ami. 
125. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. Echanger trois mots d'insulte Avec un plus mauvais que toi, tu ne le dois pas; C'est souvent le meilleur qui cède
Quand le pire cherche noise. 
126. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. Cordonnier ne sois, Ni fabricant de manche, Si ce n'est pour ton propre usage. Que la chaussure soit mal faite Ou que le manche soit mauvais, On te voudras du mal. 
127. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. Où que tu sache le malheur, Dis-toi qu'il est pour toi, Et ne laisse pas la paix à ton ennemi.
 128. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. Content du mal, Ne le soit jamais Mais réjouis-toi du bien. 
129. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. Regarder en l'air Tu ne le dois pas dans la bataille - Pareils à des porcs Seront les fils des hommes - , De peur que ton esprit ne soit ensorcelé. 
130. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. Si tu veux inviter une excellente femme A de joyeux entretiens. Et en retirer liesse,
Il faut faire belles promesses Et ferme les tenir; Nul ne se lasse de ce qui est bon. 
131. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. Prudent, je te prie d'être, Mais point trop prudent; Sois surtout prudent avec la bière Et avec la femme d'autrui Et avec cela, en troisième lieu Que les voleurs ne te dupent pas. 
132. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. Pour objet de moquerie ou de rire Ne prends jamais Hôte ou voyageur. 
133. Souvent ne savent pas bien Ceux qui restent assis à l'intérieur Quelles sortes de gens sont les arrivants; Il n'est homme si excellent Qu'il ne soit sans défaut, Ni si mauvais qu'à rien ne serve. 
134. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. Du sublime thulr Ne ris jamais Souvent est excellent ce que disent les anciens. Paroles claires proviennent Souvent des peaux ratatinées, Celles qui pendent parmi les cuirs, Pendillent parmi les parchemins Et se balancent parmi les misérables.
 135. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends,
Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. Ne raille pas ton hôte Ni ne le mets à la porte, Sois secourable au pauvre peuple. 
136. Lourd, le loquet Qu'il faut lever Pour ouvrir à tout le monde; Baille une bague à cet homme Ou bien il fera venir Tous les maux dans tes membres. 
137. Nous te conseillons, Loddfafnir, Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils. -Tu en jouiras, si tu les apprends, Ils te seront bénéfiques, si tu les suis. Contre le beuveries de bière Choisis la force de la terre Car la terre guérit l'excès de bière, Le feu, les maladies (contagieuses) Le chêne, les constipations L'épi, la sorcellerie Le sureau, les querelles domestiques - Contre frénésie, faut invoquer la lune - L'alun, les morsures (d'insectes) Et les runes, le malheur, Le sol guérit les vomissements.
 138. Je sais que je pendis A l'arbre battu des vents Neuf nuits pleines, Navré d'une lance Et donné à Odin Moi-même à moi-même donné, - A cet arbre Dont nul ne sait D'où proviennent les racines. 
139. Pont de pain ne me remirent Ni de coupes; Je scrutai en dessous, Je ramassai les runes, Hurlant, les ramassai, De là, retombai.
 140. Neuf chants suprêmes J'appris du fils renommé
De Bölthorn, père de Bestla, Et je pus boire Du précieux hydromel Puisé dans Odredir.
 141. Alors je me mis à germer Et à savoir, A croître et à prospérer, - De parole à parole La parole me menait, D'acte en acte L'acte me mentait.
 142. Tu découvriras les runes Et les tables interprétées, Très importantes tables, Très puissantes tables Que colora le sage suprême Et que firent les puissances Et que grava le Crieur des Dieux. 
143. Odin parmi les Ases les grava Pour les Alfes, ce fut Dainn Dvalinn, pour les nains, Asvid pour les géants, J'en gravai moi-même quelques-unes. 
144. Sais-tu comment il faut tailler? Sais-tu comment il faut interpréter? Sais-tu comment il faut peindre? Sais-tu comment il faut éprouver? Sais-tu comment il faut demander Sais-tu comment il faut sacrifier? Sais-tu comment il faut offrir? Sais-tu comment il faut immoler? 
145. Mieux vaut ne pas demander Que trop sacrifier. Qu'il y' avait toujours récompense pour don. Mieux vaut ne pas offrir Que trop immoler. Voilà ce que Odin grava Avant les origines de l'humanité; Là, il ressuscita Quand il revient.
146. Ces charmes je sais Que ne sait femme de prince Ni fils d'homme L'un s'appelle Aide Et il t'aidera Dans les procès et les chagrins Et les dures détresses.
 147. J'en sais un second Dont ont besoin les fils des hommes, Ceux qui veulent être mires.
 148. J'en sais un troisième : Si je suis en pressant besoin De mettre à mal mes ennemis, J'émousse le fil des épées De mes adversaires. Ne mordent plus leurs armes ni leurs engins.
 149. J'en sais un quatrième : Si les guerriers me mettent Liens à jambes et bras, J'incante de telle sorte Que je vais où je veux, Fers me tombent des pieds Et lien des bras.
 150. J'en sais un cinquième : Si, par vilenie, l'on m'envoie Un tait volant parmi le peuple, Il ne va pas si impétueusement Que je ne puisse l'arrêter Si je viens à le voir.
 151 J'en sais un sixième : Un homme me navre-t-il D'une racine de bois pleins de sève Cet homme Qui me voue au malheur, Les maux le consument plutôt que moi.
 152. J'en sais un septième : Si je vois la haute flamme Ardre la salle parmi les compagnons de banc, Elle ne brûle pas si vaste Que je ne puisse me préserver.
Tel est le charme que je chante. 
153. J'en sais un huitième Qui à tous est Profitable à prendre : Où que s'enfle la haine Parmi les fils du chef, Je peux l'apaiser promptement.
 154. J'en sais un neuvième : Si le besoin me presse De sauver mon navire en mer dérivant, Je calme le vent Sur la vague de la tempête Et mets toute la mer en repos. 155. J'en sais un dixième : Si je vois des sorcières Chevaucher par les airs, Je fais de telle sorte Qu'elles s'égarent Sans retrouver leu propre peau Sans retrouver leur propre esprit. 156. J'en sais un onzième : Si je dois à la bataille Mener mes amis de toujours Je hurle contre ma targe Et eux, pleins de force, s'élancent Sains et saufs à l'assaut, Sains et saufs en repartent; Sains et saufs en reviennent. 157. J'en sais un douzième : Si je vois sur la potence Osciller un cadavre de pendu, Je sais graver de telle sorte Et peindre les runes Que cet homme revient à soi Et m'adresse la parole. 
158. J'en sais un treizième : Si je dois sur un jeune homme Verser l'eau lustrale, Il ne périra pas, Irait-il au combat
Les épées ne le réduiront pas.
 159. J'en sais un quatorzième : S'il faut que devant les hommes J'énumère les Dieux Des Ases et des Alfes Je sais toute chose; Peu de sages le savent.
 160. J'en sais un quinzième : Que le nain Thjodrorir Chanta devant les portes de Delling : Par ses charmes donna la force aux Ases, Aux Alfes, le renom La clairvoyance à Odin.
 161. J'en sais un seizième : Si de la femme sage Je veux obtenir amour et liesse, JE tourne la tête De la femme aux bras blancs Et bouleverse tout son coeur. 
162 J'en sais un dix-septième : .. .... .... .... ... ... Qu'elle aura peine à m'éviter La juvénile vierge. 
163. Ces charmes Loddfafnir, Puissent-ils te servir longtemps; Qu'ils te soient bénéfiques, si tu les suis; Opportuns, si tu les apprends, Utiles, si tu les acceptes.
 164. J'en sais un dix-huitième Que jamais n'ai enseigné A vierge ni femme d'homme - Il vaut mieux Qu'un seul le sache Fin des charmes s'ensuit - Sinon à celle-là seule Qui me prend dans ses bras Ainsi qu'à ma soeur.
 165. A présent les dits du Très-Haut
Sont chantés dans la salle du Très-Haut, Très utiles aux fils des hommes, Inutiles aux fils des géants; Salut à celui qui chanta! Salut à celui qui sut! Qu'en jouisse celui qui les apprit! Salut à ceux qui écoutèrent!
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HAVAMAL
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